Au cours de mon activité, j’ai été menée à échanger avec des animaux affectés par cette pathologie. A ce sujet, j’ai souhaité rédiger cet article qui, je l’espère, pourra vous être utile si votre compagnon en souffre.

Votre vétérinaire ne pourra assister que rarement à une crise d’épilepsie de votre animal, car heureusement ces crises ne durent pas très longtemps. Votre sens de l’observation lui sera donc d’un grand secours lors de la consultation pour analyser les symptômes, déterminer le type d’épilepsie dont votre animal est atteint, et quels soins seront nécessaires.

En effet, il existe deux grands types d’épilepsie chez les animaux. Qui plus est, les crises se décomposent en 3 phases qui sont souvent difficiles à discerner et à décrire. Les descriptions suivantes vous aideront dans vos observations et vos commentaires au vétérinaire. Et sans doute aussi pour vous rassurer la plupart du temps.

Les trois phases d’une crise d’épilepsie peuvent se décomposer de la façon suivante :

La première phase qui précède la crise d’épilepsie

  • L’animal se lèche les babine et/ou se promène sans raison apparente.
  • L’animal salive beaucoup, urine ou vomit.
  • L’animal montre des signes de stress : pleurs, isolement ou fuite, demandes de caresses, etc.

La deuxième phase de la crise, dite convulsive

  • L’animal a des convulsions et c’est sans doute le moment le plus impressionnant pour la majorité des propriétaires. Les muscles se raidissent, l’animal peut tomber par terre, ses pattes étant très tendues et la tête rejetée en arrière. Vous pouvez aussi remarquer chez lui des contractions et des mouvements de pédalage.
  • Autres signes possibles : tremblements, vomissements, aboiements, miaulements, gémissements, salivation, respiration rapide et difficile et parfois leur langue peut bleuir.

La troisième phase qui suit la crise d’épilepsie

La crise étant passée, l’animal demeure souvent immobile au sol dans un premier temps, puis il essayera de se relever plus ou moins vite et avec plus ou moins de succès. Des modifications de son comportement pourront ensuite se remarquer pendant un laps de temps qui ira de quelques minutes à plusieurs jours. Par exemple :

  • Démarche mal assurée
  • Grande envie de manger et de boire
  • Difficultés à contrôler ses mouvements
  • Faiblesse générale
  • Parfois une cécité passagère

Les deux types d’épilepsie chez les animaux

L’épilepsie dite « primaire »

On parle d’épilepsie primaire lorsque l’animal ne présente par ailleurs aucune cause identifiée pour être affecté d’épilepsie. Dans ce cas, l’animal est en bonne santé générale, il ne montre aucune prédisposition particulière et ce n’est qu’en étant témoin d’une crise d’épilepsie de sa part que l’on s’en rend compte. C’est dans ce cas particulier que les observations précises du propriétaire seront un atout pour le vétérinaire dans son diagnostic et dans le traitement le cas échéant.

L’épilepsie dite « secondaire »

Dans ce cas d’épilepsie secondaire, la cause est à rechercher dans des problèmes de santé sous-jacents qui vont expliquer les crises. Votre vétérinaire pourra alors réaliser des tests pour rechercher ces causes et prescrire le traitement adapté.

Parmi les problèmes courants pouvant provoquer des crises d’épilepsie chez les animaux, citons :

  • Certaines infections
  • Des problèmes rénaux
  • Les traumatismes crâniens ou les tumeurs cérébrales
  • Certaines intoxications à des produits chimiques…

A la différence de l’épilepsie primaire, dans ces derniers cas le vétérinaire pourra soigner la cause même de l’épilepsie.

Diagnostiquer l’épilepsie

Tout diagnostic commencera par une analyse sanguine pour vérifier la présence d’une infection, le dysfonctionnement des reins ou du foie, une hypoglycémie… Votre vétérinaire pourra aussi avoir recours à une IRM, un scanner ou un électro-encéphalogramme pour vérifier l’état et l’activité du cerveau.

Si aucune anomalie n’est détectée après ces examens, l’épilepsie primaire sera sans doute diagnostiquée chez votre animal.

Que faire en cas de crise ?

Règle n°1 : Garder son calme

Cela peut paraître facile à dire, mais c’est primordial ! Une crise d’épilepsie est souvent impressionnante mais rarement mortelle et souvent très courte (moins de 2 minutes). Votre animal peut tomber sur le côté, se raidir, trembler, avoir des mouvements désordonnés, baver et perdre connaissance mais il faut garder à l’esprit que cet état reste très bref (quelques minutes en général) et que plus vous resterez calme, meilleures seront les conditions pour qu’il recouvre tranquillement ses esprits. Les animaux sont souvent inconscients pendant la crise, ils ne souffrent pas. Cela correspond à un effort physique de type sprint.

N’essayez surtout pas de retenir sa langue pour éviter qu’il ne l’avale. Vous risqueriez de vous faire mordre violemment.

Règle n°2 : Protéger

La seule chose à se soucier lors d’une crise convulsive de votre animal, est de s’assurer que rien de ce qui l’entoure ne puisse le blesser d’une manière ou d’une autre ou intensifier la crise. Ex : un meuble trop près de lui sur lequel il pourrait se cogner à cause des convulsions (placer un coussin entre l’animal et le meuble), un environnement trop bruyant ou trop lumineux qui ne ferait que rallonger la crise (éteignez télé, radio, lumières, etc.). L’objectif étant de récréer au mieux un environnement calme et sans obstacle pour la bonne récupération de l’animal. De même, éloignez les autres animaux et les enfants.

Lorsque la crise est terminée, il pourra avoir besoin de se reposer (quelques minutes à quelques heures sont parfois nécessaires pour qu’il recouvre ses esprits) ou sera au contraire très excité (à faire les 100 pas). Respectez ses besoins : s’il cherche du réconfort, caressez-le et calmez-le. En revanche, s’il évite le contact, laissez-le s’isoler.

Il est possible qu’une crise est lieu pendant votre absence, ne paniquez pas. Les crises convulsives sont souvent très brèves. Veuillez juste en votre absence, à laisser votre animal dans une pièce où il ne peut se blesser.

Règle n°3 : Surveiller

Si votre vétérinaire a prescrit un anticonvulsivant, administrez-le (si possible). Si les circonstances le permettent, enregistrez la durée de la crise et filmez-la éventuellement pour que, lors de la consultation ultérieure, votre vétérinaire ait une idée précise du type et de l’ampleur de la crise. Après une première crise, prenez rendez-vous rapidement avec votre vétérinaire. Si d’autres crises apparaissent et/ou se succèdent très rapidement, il s’agit d’une urgence : contactez au plus vite votre vétérinaire.

Par ailleurs, il faut surveiller l’apparition de crises suivantes potentielles et dans l’idéal noter la fréquence de ces crises, leur durée et les principaux symptômes observés. Si vous le pouvez, essayer d’identifier les facteurs déclenchant ces crises (conditions environnementales, stress particulier à ce moment-là, etc.).
Seul un vétérinaire est apte à décider du type de traitement pour votre animal selon la fréquence et l’intensité des crises. Il est essentiel de bien suivre ses conseils.

 

Quelques conseils utiles :

Un rythme de vie le plus régulier possible pour l’animal épileptique

Offrir à votre animal un rythme de vie le plus régulier possible, permet de limiter les facteurs déclenchants de crises dont notamment le stress. Toutes les situations conduisant à un changement de rythme de vie pour l’animal (rentrée scolaire, voyage, invités…) doivent être anticipées pour éviter de générer un stress trop important.

Une ration alimentaire adaptée à votre animal épileptique

Les antiépileptiques ont pour effet secondaire fréquent d’augmenter la faim de l’animal qui a, par conséquent, tendance à manger plus. Il faut donc porter attention à une éventuelle prise de poids. Il ne faut pas hésiter à le peser régulièrement (1 fois par mois ou lors de chaque visite chez le vétérinaire).

Selon le traitement antiépileptique mis en place par le vétérinaire, l’alimentation devra être étroitement surveillée. En effet, si l’animal ne reçoit pas toujours la même alimentation et dans la même quantité, certains antiépileptiques ne pourront garantir une efficacité optimale. Il devra donc toujours avoir la même alimentation sans recevoir de friandises ou de restes de table à côté qui auraient pour conséquence de diminuer l’efficacité de l’antiépileptique et donc de favoriser une réapparition des crises. Si un changement d’alimentation est réalisé, la transition alimentaire doit être très progressive. En cas d’augmentation de la fréquence des crises suite à un changement d’alimentation, l’animal doit être emmené en consultation afin que le vétérinaire puisse ajuster la dose du traitement.

Le droit de jouer comme les autres animaux

Ce n’est pas parce qu’un animal est épileptique qu’il doit pour autant être privé de jouer avec ses propriétaires. Il est tout à fait possible de jouer avec lui. Il conviendra juste de rester attentif à l’apparition d’un changement de comportement, de fatigue ou d’autres signes pouvant être précurseurs d’une crise d’épilepsie. Dans ce cas, le jeu devra être stoppé, et il faudra surveiller le retour au calme de votre animal.

Des visites de suivi chez le vétérinaire

L’épilepsie étant une maladie chronique, il est important que votre animal soit vu régulièrement par un vétérinaire en visite de suivi pour contrôler son état de santé et prévenir toute évolution de l’épilepsie.

Je vous souhaite de belles et longues années à venir avec votre compagnon.

Bien à vous, Anna.

 

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